19.07.2008
Introduction
Son invention : un système quelconque parfaitement inutile sauf apparemment pour son escroc n’a strictement aucun intérêt ici, sinon le fait qu’il permit à mon ami d’amener une question, qui va nous emmener à la raison de ce texte : Qu’elle est la chose que je voudrais gueuler à la face du monde ?
Pour lui, aucun doute : que l’humanité allait devoir l’oublier avant même de le connaître, qu’elle ne saurait pas de quel être génial elle allait devoir se passer. Que son système à auto-azimutage à géométrie variable permettant de battre la purée et de la reconstituer en pomme de terre allait devoir se passer de son illustre inventeur.
Que l’invention la plus géniale depuis le fil à couper le beurre et de l’extracteur de commedons, précurseuse d’une lignée de produits destinés à bouleverser les us et coutumes de l’ensemble de la population mondiale, allait sombrer dans l’oubli.
Parce que nul autre que lui n’aurait la dimension pour la mettre à la lumière. (Je le soupçonne même de sous-entendre que le principal intérêt de cette invention était lui-même).
Bref, et pour le plus grand malheur de cet ami, je vais à présent parler d’autre chose que de lui.
Et bien, et nous voila dans le vif du sujet, si personne ne lit un jour ce texte, cela m’aura permit d’hurler à la face du monde mes déboires, sans me décocher la mâchoire.
J’ai, dès mon plus jeune âge, fantasmé sur les choses qui paraissent vitales (argent, voitures, filles à gogo,…).
Je n’avais que 22 ans et il me semblait que mes années de vaches maigres dues à une enfance pauvre allaient enfin être compensées et que mon plaisir allait pouvoir être comptabilisé.
L’accumulation de biens allait me permettre grâce aux bienfaits de la consommation qui pointait son nez, déjà à cette époque, allait me permettre d’accéder au bonheur. Muni d’une formation convenable d’électronicien, j’allais pouvoir gagner pour dépenser.
Ca avait l’air de fonctionner, les filles se comptabilisaient elles aussi, au même titre que les biens acquis, et tous devenaient très vite obsolètes.
Ce parfait équilibre lié en grande partie à un mélange d’éducations catholique et républicaine, concourait à un parfait rinçage à l’eau de mer de l’intérieur de ma boite crânienne.
Hors, si un fait que je vais raconter ici ne s’était produit, les générations futures auraient été privées d’un important témoignage.
En effet, à la fin de ce siècle, on m’aurait vu flotter dans un bocal rempli de formol dans un sinistre recoin du CNRS.
Une étiquette en dessus : "Vestige de l'ancienne civilisation occidentale, disparue vers 2015 - 2020". Certains chercheurs se seraient battus pour en extraire un petit bout d'acide désoxyribonucléique (ADN pour les incultes) pour l'analyser, afin de comprendre comment certains esprits pouvaient résister à la triple couche de sous-culture : Religion + Education nationale + télévision.
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